Retour à la maison
Un peu moins de seize heures cet après-midi, le clignotant à droite et on enfile les derniers cinquante mètre, notre maison est là debout, toute la végétation autour n'a pas bronché, aucune odeur de brûlé, de fumées... pas un bruit, du voisinage nous sommes les premiers à rentrer.
Oui nous sommes satisfaits, égoïstement contents parce qu'à un kilomètre ce n'est que désolation, du noir, du noir partout, quelques fumerolles et des mecs qui triment toujours sur des hectares et des hectares.
Quelques réflexions entendues, ressenties dans l'intimité de notre véhicule pendant cette semaine de divagation involontaire :
- Un objet nous manque cruellement "Raymond" notre 'tain de vieux CCar toujours retenu par les instances et procédures judiciaires. C'est notre annexe, pas forcément notre deuxième chez nous, simplement notre chez nous qui se déplace... là, il aurait été utile le bougre.
- "imagine-toi, notre maison debout mais avec son environnement dévasté... plus d'arbres, fini les arbustes qui nous cachent des voisins... qu'est-ce t'en dis ??" - "oh c'est simple, ça ne m'intéresse plus... la maison ok, mais avec son environnement ou bien en ce qui me concerne, ça ne vaut plus la peine"
- Posséder quelques centaines d'Euros cash et pouvoir les dépenser sans drame, ce n'est tout de même pas mal... parce que se retrouver dans le hall du parc des expositions, chez des quidams plusieurs jours, rester chez nos mômes une semaine ou plus... non, merci c'est très aimable, mais non merci.
- "Bon... allez, admettons... nous habitons en lisière de forêt, la mairie nous appelle, "votre maison est impactée, plus rien" tu réagis comment à froid, au-delà de l'émotion des premiers jours ??" - "en ce qui me concerne, comme tu le sais, notre maison je l'apprécie pour le confort que l'on a ajouté maintenant, c'est une maison. Je n'y attache pas d'importance primordiale, quelques rares objets que je regretterai, les photos je ne les regarde jamais, j'ai de vissé dans le crâne les gens que j'aime, ceux que j'ai aimés... l'essentiel est que nous soyons tous les deux, j'espère que nous sommes bien assurés et je me battrai pour être indemnisé correctement après, pfffeeee nous verrons..."
- Ensuite, la relativité... "tu te rends compte, bon nous sommes virés de chez nous suivant le principe de précaution ok... pour combien de temps, nous n'en savons rien ok... alors c'est certain nous vivons une certaine inquiétude, nous sommes fatigués pas loin de l'épuisement, c'est entendu mais tu te rends compte tout ce qui se passe dans le monde là, maintenant ces populations, ces familles jetées à la rue sans espoir de retour par acte politique, à cause de la misère absolue... nous, dans l'histoire on ne va tout de même pas pleurer, quand même !!"


















